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Vérifier un entrepreneur : 3 signes qu'il risque la faillite

Vérifier un entrepreneur en construction avant de payer un acompte : liquidité, dettes ONSS et fisc, solvabilité des comptes annuels et obligation de retenue.

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Vérifier un entrepreneur : 3 signes qu'il risque la faillite

Le secteur de la construction figure chaque année dans le top 3 des secteurs qui comptent le plus de faillites en Belgique. Des coûts de matériaux élevés, de longs cycles de projet, le préfinancement des chantiers et une chaîne de sous-traitants rendent la trésorerie d'une entreprise de construction particulièrement vulnérable. Que vous soyez un maître d'ouvrage qui paie un acompte, un entrepreneur principal qui travaille avec des sous-traitants ou un fournisseur de matériaux : vous voulez savoir si votre entrepreneur passera l'hiver.

Signal 1 : le piège de la liquidité

La cause la plus fréquente de faillite dans la construction n'est pas le manque de travail, mais le manque de trésorerie pour payer les factures courantes. Un entrepreneur achète des matériaux et paie des salaires des semaines avant que le maître d'ouvrage n'approuve et ne paie l'état d'avancement. Si un seul gros client a trente jours de retard, toute la chaîne s'arrête.

Où vérifier ? Dans l'onglet « Chiffres clés financiers », vous trouvez la liquidité (current ratio et quick ratio), avec la trésorerie, les créances commerciales et les dettes à court terme, et leur évolution sur plusieurs années.

La vérification : le current ratio divise les actifs circulants (trésorerie, stocks, factures ouvertes) par les dettes à un an au plus. Une entreprise de construction saine se situe au-dessus de 1,2 : elle dispose de 1,20 € de trésorerie et d'actifs à court terme pour chaque euro qu'elle doit payer dans l'année. Pour calculer le ratio vous-même, lisez calculer la liquidité et le current ratio.

Current ratio Évaluation Ce que cela signifie
> 1,2 Sain Réserve suffisante pour honorer les engagements courants.
1,0 à 1,2 Vigilance Marge étroite. Un seul paiement client en retard peut causer des problèmes.
< 1,0 Drapeau rouge Plus de dettes à court terme que de moyens à court terme. Danger immédiat.
Attention aux stocks. Chez un entrepreneur, les actifs circulants se composent souvent en grande partie de « commandes en cours d'exécution » : du travail déjà réalisé mais pas encore facturé. Ce n'est pas de la trésorerie. Regardez donc aussi le quick ratio (sans les stocks) et le montant même des valeurs disponibles. Une entreprise avec un current ratio de 1,3 mais à peine 5.000 € en banque n'est pas saine.

Signal 2 : des dettes envers le fisc et l'ONSS

Une entreprise de construction à bout de souffle paie d'abord les salaires et le carburant, puis les principaux fournisseurs, et fait attendre les pouvoirs publics (TVA, précompte professionnel, cotisations ONSS) en dernier. L'ONSS n'envoie pas d'huissier après trente jours, donc ces montants retenus deviennent un crédit de trésorerie bon marché. Jusqu'à ce que l'ONSS cite en justice, et alors tout va très vite.

Soyons honnêtes : les citations de l'ONSS ou du SPF Finances ne sont pas visibles dans les comptes annuels, ni donc sur Jaarrekening.be. Vous devez travailler avec des signaux indirects et des vérifications externes.

Vérification 1 : la rubrique du bilan

Ouvrez les derniers comptes annuels via l'onglet « Comptes annuels » et cherchez au passif, sous les dettes à un an au plus, la rubrique « dettes fiscales, salariales et sociales » (rubrique 45). Dans une entreprise dont le personnel est stable, ce montant doit être stable : c'est la TVA du dernier trimestre plus le précompte professionnel et les cotisations ONSS du dernier mois ou du dernier trimestre. Si la rubrique augmente d'année en année alors que le chiffre d'affaires et le nombre d'employés ne suivent pas, l'entreprise accumule des arriérés.

Rubrique 45 sur trois ans Évaluation Ce que cela signifie
Stable, évolue avec le personnel et le chiffre d'affaires Normal Retenues courantes ordinaires, reversées à temps.
Augmente plus vite que l'activité Vigilance Peut-être un plan d'apurement avec le fisc ou l'ONSS. Posez la question.
Double ou plus, les frais de personnel diminuent Drapeau rouge L'entreprise se finance avec l'argent des impôts. Une citation n'est qu'une question de temps.

Vérification 2 : l'attestation ONSS et checkinhoudingsplicht.be

La certitude ne vient pas des comptes annuels, mais de deux sources gratuites. Premièrement, vous pouvez simplement demander à l'entrepreneur une attestation ONSS récente (une attestation certifiant qu'il n'a pas de dettes sociales). Un entrepreneur sain la fournit dans la journée. Deuxièmement, tout le monde peut introduire un numéro d'entreprise sur checkinhoudingsplicht.be (« Check obligation de retenue »), le service commun de l'ONSS et du SPF Finances, et voir immédiatement s'il existe à ce moment des dettes sociales ou fiscales pour lesquelles une retenue doit être effectuée. Conservez une capture d'écran datée comme preuve.

L'obligation légale de retenue

Pour les maîtres d'ouvrage professionnels et les entrepreneurs principaux, cette vérification n'est pas un simple conseil. Quiconque paie une facture pour des travaux immobiliers à un entrepreneur qui a à ce moment des dettes sociales doit retenir 35 % du montant de la facture (hors TVA) et le reverser à l'ONSS. Si l'entrepreneur a des dettes fiscales, vous retenez 15 % et vous les reversez au SPF Finances. Les deux peuvent s'appliquer en même temps.

Vous payez le montant intégral sans retenue ? Vous êtes alors solidairement responsable des dettes sociales et fiscales de cet entrepreneur, et cela peut aller jusqu'au prix total des travaux. Vous payez alors deux fois : d'abord l'entrepreneur, ensuite l'ONSS. La règle s'applique aux entreprises et aux entrepreneurs principaux qui paient des sous-traitants, pas aux particuliers qui font exécuter des travaux à des fins purement privées.

Signal 3 : la pyramide inversée

La construction est capitalistique, les dettes sont donc normales : grues, camions, hangars et matériel de chantier sont rarement payés comptant. Mais la proportion entre dettes et capitaux propres doit rester correcte.

Où vérifier ? Comparez dans l'onglet « Chiffres clés financiers » les dettes (court et long terme) avec les capitaux propres (libellés « Fonds propres ») sur les trois dernières années. La solvabilité y figure aussi sous forme de ratio, et l'onglet « Info » montre la variation des capitaux propres par rapport à l'année précédente.

Le signal : une entreprise qui double ses dettes en un an sans que les capitaux propres suivent, ou alors que les capitaux propres baissent, prend des risques démesurés. Il s'agit souvent d'un gros chantier préfinancé avec du crédit fournisseur : si le maître d'ouvrage ne paie pas, tout s'écroule.

Le contrôle de solvabilité

Divisez les capitaux propres par le total du bilan et multipliez par 100. C'est le ratio de solvabilité. Vous pouvez aussi le calculer rapidement avec notre outil Score de santé, ou relire la formule et les normes dans calculer la solvabilité.

Solvabilité Évaluation Ce que cela signifie
> 30 % Sain Solide réserve propre. L'entreprise peut absorber un mauvais chantier ou un mauvais payeur.
15 % à 30 % Vigilance Acceptable pour le secteur, mais peu de place pour l'erreur.
< 15 % (et en baisse) Drapeau rouge Financée presque entièrement avec l'argent des autres. Les capitaux propres négatifs sont l'étape suivante.

Trois vérifications supplémentaires en cinq minutes

  • Situation juridique et date de constitution. Dans l'onglet « Info », vous voyez immédiatement si l'entreprise est active, si elle est en liquidation ou en réorganisation judiciaire, et depuis combien de temps elle existe. Une entreprise de construction de huit mois qui demande 30 % d'acompte pour une rénovation de 150.000 € mérite des questions supplémentaires. Pour vérifier les données BCE et le numéro de TVA, lisez notre article sur la vérification BCE.
  • Dirigeants. Cliquez depuis l'onglet « Dirigeants » vers la page personnelle du gérant. Si vous y voyez une série d'anciens mandats dans des entreprises de construction tombées en faillite, vous avez affaire à un fondateur en série. Ce n'est pas interdit, mais c'est une raison de ne pas payer d'acompte.
  • Publications. Les démissions récentes d'administrateurs, un transfert de siège vers un centre d'affaires ou une réduction de capital par apurement des pertes figurent avec leur date dans l'onglet « Publications ». Plus d'informations dans ce que les publications au Moniteur belge vous révèlent.

Checklist : les 3 drapeaux rouges dans la construction

Signal Sain Drapeau rouge
Current ratio > 1,2 < 1,0
Dettes fiscales, salariales et sociales Stables, pas de dettes sur checkinhoudingsplicht.be En hausse chaque année, retenue obligatoire
Solvabilité > 30 % < 15 % et en baisse

Conclusion : un acompte est un prêt sans intérêt

Il est courant de travailler avec des acomptes dans la construction, et un entrepreneur doit bien préfinancer ses matériaux. Mais un acompte n'est rien d'autre qu'un prêt sans intérêt à une entreprise que vous ne connaissez pas. Ne le payez qu'après la vérification ci-dessus, limitez-le et liez chaque paiement suivant à un état d'avancement approuvé. Si l'entrepreneur fait faillite, vous êtes en tant que maître d'ouvrage en bout de file et l'acompte est généralement perdu.

Un acompte versé à un entrepreneur qui a des dettes ONSS ouvertes part souvent directement vers le chantier précédent ou vers l'ONSS, pas vers vos matériaux.

Recherchez votre entrepreneur via le moteur de recherche d'entreprises et vérifiez qu'il n'est pas seulement un bon constructeur, mais aussi un gestionnaire solide. Pour le plan complet applicable à tout type d'entreprise, lisez les 5 signaux d'une faillite imminente.

Questions fréquentes

Comment vérifier si un entrepreneur est financièrement sain ?

Recherchez l'entreprise de construction par son nom ou son numéro d'entreprise et consultez ses derniers comptes annuels. Trois chiffres en disent le plus : le current ratio (de préférence supérieur à 1,2), la solvabilité (de préférence supérieure à 25 à 30 %) et l'évolution des dettes fiscales, salariales et sociales. Vérifiez aussi la situation juridique dans la BCE et les publications récentes au Moniteur belge.

Comment savoir si mon entrepreneur a des dettes ONSS ?

Les dettes ONSS n'apparaissent pas comme poste séparé dans les comptes annuels. Vous pouvez comparer sur plusieurs années la rubrique du bilan dettes fiscales, salariales et sociales. Pour une certitude, utilisez le service gratuit Check obligation de retenue (checkinhoudingsplicht.be), où vous voyez par numéro d'entreprise si un entrepreneur a des dettes sociales ou fiscales, ou demandez-lui une attestation ONSS récente.

Qu'est-ce que l'obligation de retenue pour les entrepreneurs ?

Un maître d'ouvrage professionnel ou un entrepreneur principal qui paie une facture à un entrepreneur ayant des dettes sociales ou fiscales doit retenir une partie du montant et la reverser : 35 % à l'ONSS et 15 % au SPF Finances. Sinon, il est solidairement responsable des dettes de cet entrepreneur. Les particuliers qui font exécuter des travaux à des fins privées ne sont pas concernés.

Est-il sûr de payer un acompte à un entrepreneur ?

Un acompte est courant dans la construction, mais c'est un prêt sans intérêt à votre entrepreneur. Payez-le uniquement après avoir vérifié les comptes annuels et le statut BCE, limitez-le (par exemple 10 à 15 %) et liez les paiements suivants à l'avancement des travaux. En cas de faillite, un acompte est généralement perdu.

Vérifiez la santé financière de votre entrepreneur

Consultez la liquidité, la solvabilité et les dettes envers les pouvoirs publics d'une entreprise de construction avant de payer un acompte.